a vu "L'ivresse de l'argent", drame sud-coréen, rythme de thriller fort adapté à un visionnage au cinéma, note: 2/5 eu égard à la qualité des acteurs et du scénario.

Le secrétaire particulier d'une riche famille industrielle sud-coréenne s'immisce peu à peu dans la complexité des rapports familiaux. Entre une mère dominatrice, un père inconstant et des enfants déboussolés, il doit lui même choisir entre ses principes moraux et les combines incessantes d'un monde où l'argent, le stupre et la domination sont rois.

Après son très bon film précédent ("The Housemaid"), Im Sang Soo persévère. Ici, tout n'est que faux-semblants, rapports de force et lutte incessante pour le pouvoir. La perversité affleure dans chaque plan, et chaque sourire peut cacher un couteau prêt à se planter dans le dos. Le jeune secrétaire, d'abord fasciné par la facilité crasse de ceux qui ont tout, découvre peu à peu leur solitude. A toujours tout obtenir, leurs désirs sont sans limite et insatiables, tandis que la fontière de la légalité n'est qu'une illusion en tout point contournable, porte ouverte à tous les abus et excès. 
L'insatisfaction perpétuelle guette, et la détention des objets matériels apparait vite insuffisante comparé à la domination des personnes. 

Sortir de cette logique devient alors futile et fatal. La liste des victimes s'allonge à mesure de la prise de conscience des limites du pouvoir. La volonté de domination se retrouve dans une impasse face aux principes moraux, et ne reste qu'une issue, définitive et dramatique. 

Là où "The Housemaid" distillait subtilement et doucettement une intrigue tout en retenue, "L'ivresse de l'argent" verse assez vite dans l'excès, chaque nouvel épisode de la saga familiale semblant devoir absolument dépasser le précédent en démesure. Lassant à la longue, pour un film de presque 2 heures. Moitié moins d'outrance aurait permis de souffler et d'apprécier l'art du réalisateur pour sa découverte des parties les plus sombres de l'âme humaine.