a vu "L'homme qu'on aimait trop" (3/5). Un film tout ce qu'il y a de plus classique, ultra linéaire, avec quand même un saut de presque 30 ans en avant jusqu'au procès de Maurice Agnelet accusé du meurtre d'Agnès Le Roux en 1977. Le spectateur a le temps de vivre l'histoire dramatique, commencée sur un ton de thriller familial jusqu'à dévier vers une analyse psychologique d'une jeune femme à la dérive. C'est inégal, souvent prenant, parfois ennuyeux mais le résultat ne laisse pas indifférent. 

Pas sûr que ce film fasse 10M d'entrées mais Téchiné a ses fans avec quelques perles comme "Les innocents" ou "Les roseaux sauvages". Deneuve est une habituée et livre une prestation d'une sobriété confondante. Victime collatérale d'une machination orchestrée par le jeune avocat Guillaume Canet? Elle poursuivra de sa vengeance Agnelet, persuadée de sa responsabilité dans la disparition de sa fille Adèle Haenel.

C'est l'époque des Adèle et celle-ci avec ses grands yeux bleus et sa moue boudeuse connaitra sans nul doute une carrière au moins honorable si ce n'est mieux. Le réalisateur ne prend pas parti, laissant le doute s'insinuer entre la thèse du jeune loup ambitieux sans vergogne et entre le parti d'une jeune femme fragile et déboussolée. Ce n'est pas moi qui jugerai mais ce doute final se trouve confronté au récit écrit du verdict véritable et il est difficile de se faire une opinion.

Coupable ou pas coupable? Ce suspens porte le film et tient en haleine par delà les quelques longueurs et bâillements occasionnels. Je prédis une carrière en DVD pour les adeptes de drame psychologique bien ficelé.

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