Journée ciné extrêmement paradoxale. Après un Macbeth très attendu et pas top apprécié, j'ai été voir L'Hermine en trainant la patte... pour un résultat très satisfaisant (3,5/5). Je m'attendais à un Luchini show comme trop souvent, et le film est bien plus complexe que ça. Film à tiroirs avec plusieurs niveaux de lecture, j'ai été passionné par cette étude de personnages.

Premier niveau, la cour d'assises et son président tant redouté. Affaibli par une grippe tenace, il donne l'air d'un personnage de Molière, imbu de son pouvoir et détaché des considérations matérielles. Erreur, le personnage est surtout seul, débarqué de chez lui et concentré sur sa tâche judiciaire ardue.

Deuxième niveau, le procès. Un sordide infanticide déchaine les passions. Les jurés discutent, les témoins défilent. Petit tableau de la misère ordinaire, les prévenus sont issus d'une classe sociale défavorisée, les témoins sont à la limite du caricatural. Mais les débats accrochent l'attention, on est en pleine plongée dans la France profonde.

Troisième niveau, le président de cour d'assises Luchini est amoureux d'une charmante jurée à l'accent danois. On suit ses turpitudes, ses doutes, ses espoirs. Les scènes des séduction sont charmantes et le grand Fabrice est d'une pudeur inhabituelle. Pas d'effets de bras superfétatoires, juste des échanges subtils.

Voilà, tout ça mélangé, ça donne un film que j'attendais tout sauf original et qui m'a surpris dans le bon sens du terme. Chapeau Luchini, je pensais qu'à force de faire son cirque, il s'était irrémédiablement enfoncé dans un personnage d'amuseur public. Il ressuscite, ça fait plaisir. La Mostra ne s'y est pas trompée!