3e avant-première de ma jeune carrière au cinéma « Club de l’étoile » à Paris grâce à Chloé Lorenzi et Audrey Grimaud de Makna presse, le film le moins fun de l'année mais pas le moins intéressant: "L'expérience Blocher" (3/5). La vie d'un homme politique suisse inconnu dans nos contrées mais superstar chez lui. Une sorte de populiste de droite un peu extrême qui défend l’indépendance économique et culturelle de son pays, quitte à fermer les frontières et à stigmatiser les étrangers. 

Le film navigue entre une promiscuité qui confine à la complaisance et le regard critique sur ce qui s’apparente à une figure politique extrême. Sous le regard amusé d’un Blocher qui en a vu d’autres et qui ressort un peu grandi de ce docu, le réalisateur ne prend jamais parti. Mais alors jamais, remettant en cause la visée pédagogique de ce témoignage sobre et direct de la situation politique helvétique. Il est inutile de nier la suprême intelligence et le côté filou d’un vrai self made man parti de rien et devenu un parangon de l’industrie suisse, il ferait passer un petit suisse pour un petit Gervais sans problèmes. C’est dire le malaise. 

Sa carrière, déviée vers la politique, a fait sortir notre homme du secret des alcôves capitalistes pour le mettre sur le devant de la scène. Où il excelle et brosse son électorat captif dans le sens du poil, à savoir la défense de l’identité nationale et la peur de l’autre. Habile, critiquable, mais gagnant. Il ne prend pas trop de risques et ne prône pas le changement, juste un immobilisme apprécié de tous. Et là, j’aurais attendu un peu de participation du réalisateur, qui a peut être vendu son âme pour un peu d’intimité avec l’ours. 

Au final, je ne sais pas quoi penser de ce docu et je me demande ce qu’un documentaire sur Le Pen donnerait avec un tel réalisateur. Le docu est intéressant, mais il faut avoir une bonne dose d’intérêt et de culture politique pour dénouer les fils et se faire sa religion. 

Sortie nationale le 19 févier 2014.