a vu deux films très intéressants : "L'Armée du Salut" (3/5) et "La voie de l'ennemi" (3,5/5).

"L'armée du Salut" est un film franco-suisso-marocain. Situé au Maroc dans la populaire Casablanca, il raconte l'histoire chaotique du jeune Abdellah. Très tôt attiré par la gente masculine, il offre ses faveurs tout en étant irrésistiblement attiré par son frère ainé Slimane. 

Rythme languissant, silence omniprésent, les scènes de vie familiale alternent avec les pérégrinations du jeune garçon un peu perdu. Le film n'est pas dans l'action, mais dans l'introspection. Le jeune homme semble beaucoup plus rusé que ce que ses pulsions pourraient laisser croire. Son objectif est de s'en sortir, de devenir quelqu'un.

Film hypnotique à l'ambiance diaphane, les regards parlent autant que les rares dialogues. Lorsque l'image se suffit à elle-même, beaucoup d'indices doivent être retrouvées dans les scènes apparemment disparates mais finalement très cohérentes. Le jeune Abdellah devenu grand trouvera la porte de sortie dans la confédération helvétique, avec un avenir que l'on imagine brillant.

Une belle pépite venue du Maghreb, j'en redemande 10 comme ça chaque semaine.

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"La voie de l'ennemi" est le remake du film de José Giovanni "Deux inconnus dans la ville" où Jean Gabin et Alain Delon s'affrontaient inlassablement. Histoire de rédemption impossible car non accordée par l'esprit humain rancunier, le drame s'installe dans la durée (près de deux heures) et accroche inévitablement.

Forest Whitaker joue William Garnett, libéré de prison après 18 ans de détention suite au meurtre d'un adjoint du shérif.
Rentré dans le droit chemin, converti à l'islam et à la paix intérieure, il ne trouve que des obstacles sur sa route, rendant sa libération intérieure impossible. Le vieux renard Harvey Keitel joue le shériff récalcitrant et Luis Guzman le truand implacable.

On prie de tout son coeur pour que la paix soit accordée au dealer/meurtrier repenti. Mais la loi des hommes n'est pas celle des cieux et les sentiments vindicatifs perdurent par-delà les années. Les acteurs sont convaincants, Forest est un acteur increvable qui peut ennuyer mais qui moi me fascine. Sa grande carcasse dégingandée offre une palette d'émotions larges et variées. Quant à Keitel... rien à dire, il est toujours droit comme un i, on est pas prêt de le voir dans un rôle d'inverti 

Une heureuse surprise tant les critiques étaient mitigées, à voir absolument!

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