a vu "L'été des poissons volants" (2/5) en projection presse (sortie le 23 avril 2014). Ce film franco-chilien choisit le ton du thriller pour raconter le fossé grandissant entre locaux fortunés et natifs paupérisés. Le récit d'une jeune adolescente placée dans une tourmente sociale entre son père fortuné et les indiens Mapuche aux droits de plus en plus restreints aurait pu crever les plafonds. Mais le style très didactique à la langueur pesante empêche le film de décoller.

 

Manena passe ses vacances chez Pancho, son père adoré. Riche propriétaire terrien, il a des lubies qu'il érige comme buts dans la vie (vider son étangs des carpes qui prolifèrent? Ah oui?) et qui ne s'intéresse pas trop à ses employés Mapuche. Ceux-ci ont des droits millénaires et une vision panthéiste du monde à l'opposé du capitalisme sauvage. La tension monte...

 

Film fort intéressant et fascinant, mais sans véritable ampleur dramatique. En choisissant l'obscurité, le silence et l'économie de moyens, Marcela Said coupe un peu trop volontairement la densité du propos. L'impression d'assister à un récit de vacances limite la portée des enjeux sociaux mis en avant par le réalisateur.

 

Au final... le récit est lointain, centré sur un sujet très particulier, avec des personnages très peu creusés... dommage de ne pas tenter l'ampleur dramatique et d'assumer la richesse des possibilités. Ce film sud-américain aurait vraiment pu se singulariser. Mais non.

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