Kill your Friends (3/5) joue sur le cynisme supposé de l'industrie musicale britannique au milieu des folles années 90 à travers le prisme d'un agent artistique sans scrupule. Et le bouchon est poussé le plus loin possible. La qualité des disques importe peu, seul le montant des livres sterling importe. Film jubilatoire mais filon un peu grossier et racoleur. L'absence quasi totale de second degré rend la farce gratuitement macabre et le film vite oubliable.

N'est pas Trainspotting ou American Psycho qui veut. Le héros Steve (Nicholas Hoult) recycle les vieilles ficelles de la comédie english en se contentant d'une ironie certes exquise mais souvent prévisible. Parfait sosie de Jonathan Rhys-Meyer, je me suis senti en plein Velvet Goldmine à de nombreux moments. Steve critique, ironise et dézingue pour arriver à la tête du département artistique d'Unigram. Les flots de sang rappelleront Patrick Bateman/Christian Bale dans l'illustre American Psycho. La drogue coule à flot, c'est le côté Trainspotting.

Quoi de neuf sous le soleil? La bonne zic déferle dans nos tympans ravis. Blur et Oasis évidemment mais aussi les girls groups et la bonne techno qui tache. Le morceau phare du film est d'une vulgarité crasse et assumée, composé par un compositeur allemand complètement barré interprété par le trop rare Moritz Bleibtreu. Le héros est au centre d'un vide existentiel total seulement entouré de brouillard blanc et de bulles de champagne. Pas très subtil mais efficace, le ton est enjoué et si les moyens sont gros comme un camion, ils divertissent très bien.

Je m'attendais à un fim générationnel comme l'a pu être pour moi Eden, mais non, le film restera une farce orgastique qui ne marquera pas les esprits.