a vu "Jimmy's hall" (3/5). Ken Loach restera toujours fidèle à lui-même, dans son empathie, dans son humanité et dans ses représentations de la lutte pour la liberté. Depuis l'excellent "Le vent se lève", en passant par "L'esprit de 45" et "La part des anges", il creuse le sillon de l'homme bon par delà ses travers. L'histoire de l'Irlande lui tient à coeur, il en fait des films inimitables.

 

Jimmy Gralton revient en Irlande après dix ans passés aux USA. Il est parti au plus fort de la guerre civile, la situation à son retour est légèrement améliorée mais les rancoeurs subsistent. Sa lutte pour rouvrir un dancing antédiluvien ravivera les luttes d'antan...

 

Histoire bien connue chez Loach, la lutte contre l'occupant et ses alliés hante son oeuvre. Ici, le sujet d'apparence plus léger - le combat pour la liberté de danser et de s'amuser sans le recours aux hommes d'église - va faire connaitre à ses protagonistes l'ange de la mort et de la terreur. Pas de sujets qui échappent à la chape de plomb sur les têtes irlandaises dans la première moitiés du 20e siècle.

 

Les acteurs sont sobres et crédibles, habités par la lutte de leurs ancêtres, et la révélation Barry Ward fera date par son charisme et sa truculence. Le personnage de Jimmy est un emphatique amuseur public dont le but est le bonheur de ses semblables. Sorte de bon samaritain qui voudrait s'affranchir des clivages... que d'autres ne tarderont pas à lui rappeler.

 

La liberté fut une lutte, difficile de croire aujourd'hui que des bonnes âmes ont du se battre pour gagner le droit de s'amuser gentiment. Une maxime à ne pas oublier à notre époque où le divertissement fait loi...

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