a vu "Jeune et Jolie" de François Ozon (3.5/5).

Sous ce titre aguicheur fleurant bon le magazine pour adolescentes se cache un beau film, finalement assez sensible et pudique, sur un sentiment bien humain: la peur. Peur de la découverte des codes de l'âge adulte, peur de la perte de l'innocence, peur de mal agir ou de se tromper.

La jeune Isabelle jouée par une Marine Vacth louée de tous côtés, certainement pour sa ressemblance frappante avec une Laetitia Casta plus jeune ...et plus maigre, passe le cap fatidique de "la première fois" avec un flirt de vacances. Là où d'autres en feraient un fromage donnant lieu à des discussions passionnées entre copines, Isabelle choisit de prolonger cette première fois.

En se donnant contre tarifs négociés à des hommes mûrs à la recherche d'une jeunesse perdue, Isabelle devient prostipute. Sans sentiments, sans même de plaisir, mais semble-t-il pour évacuer cette peur clouée au corps. Comme pour se convaincre que oui, à 17 ans, elle est belle et bien une presqu'adulte. En multipliant les expériences, elle combat la peur et grandit à toute vitesse.

Remède extrême, voire agressif, mais exposé sans jugement ni condamnation. Jeune fille de la classe moyenne, sans soucis particuliers, elle sur-réagit en vendant son corps. Mais peut-être est-ce là une médication toute personnelle. Le film est parsemé de ci de là de renvois à la limite de l'humoristique concernant la découverte du corps. de l'onanisme par ci, des sites Internet par là.

Finalement, une surexposition dès le plus jeune âge ne confronte-t-elle pas trop tôt à ce qui peut être vécu comme un devoir de résultat? En privilégiant le romanesque, Ozon évite l'écueil du pensum et livre avec sensibilité une histoire touchante. Par-delà les clichés et les corps qui se dénudent, c'est le cœur qui est visé.

Note: 3.5/5, Ozon est souvent capable de pépites, c'est le cas ici.

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