a vu "Jappeloup", film français de Christian Duguay narrant l'histoire d'un cavalier et de son cheval jusqu'à la médaille d'or de saut d'obstacle aux JO de Séoul en 1988, belle histoire délicatement amenée et à laquelle on fond bien malgré soi, note: 3,5/5: contrairement à mes craintes les plus élémentaires, c'est un beau film et je le recommande.

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A l'orée des eighties, Pierre Durant choisit de se consacrer à l'équitation plutôt qu'à une carrière d'avocat prometteuse. Devinant le potentiel d'un jeune cheval trop petit pour le saut d'obstacle, il se lance dans un défi de taille et les années 80 seront une alternance d'espoirs et de désillusions, mais sa persévérance les mèneront aux JO de Séoul en 1988.

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Je connaissais l'histoire de cette médaille d'or. Un cheval sans ascendance dans le saut d'obstacle, trop petit pour cette discipline, indiscipliné, mais fougueux et à la détente exceptionnelle. Le mythe de celui à qui tout destine au statut de loser mais qui deviendra un des chevaux les plus connus du pays.

Le film se concentre aussi sur le cavalier, lui aussi le plus souvent méprisé et jugé indigne de sa place au plus haut niveau ("Bon cheval mais mauvais cavalier"). Joué par un Guillaume Canet comme souvent convaincant sans être renversant, il acquiert néanmoins l'empathie de l'audience, toute acquise à sa cause et à celle de son poulain.

Alors, ici la philosophie se limite au mythe de la revanche sur les éléments et l'adversité, mais force est d'admettre qu'un élan irrépressible guide autant le cheval que le film. Le contexte familial du héros (même si dénoncé comme un peu romancé par le vrai Pierre Durant), les (trop?) bons sentiments et quelques "méchants" mettant des bâtons dans les roues de notre duo gagnant ne sont pas sur-appuyés et ne font pas passer cette histoire pour une mièvrerie sucrée. Le dosage est équilibré, et on suit avec passion les travaux d'Hercule de ce cavalier tourmenté et de ce cheval libre dans sa tête. 

Et même si on connait par avance la fin de l'histoire, on se prend d'affection pour ce cheval qui n'a pas fini en lasagnes. 

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Une belle histoire, sans aucun doute, mais surtout un savant dosage cinématographique qui font de ce film une belle réussite et une belle histoire. J'en suis le premier surpris, mais c'est ça aussi le cinéma. Le lâcher prise. Et l'émotion.