A vu « Jacky au royaume des filles » (1.5/5). D’une excellente idée de départ – iconoclaste par les temps qui courent – le film tente de naviguer sur les eaux de la satire burlesque pour se choper une tempête infernale (appelée « scénario bancal ») pour s’échouer sur la plage de la platitude. Je fondais beaucoup d’espoir sur le 2e opus d’un Riad Sattouf dont « Les beaux gosses » m’avaient bien plu. Mais force est d’admettre que trop de remplissage et un jeu d’acteur minimal ne font pas une comédie.

En république de Bubunne, les femmes tiennent la mitrailleuse et les hommes portent la burqa. Mais l’un d’entre eux garde espoir, Jacky, qui veut épouser la Colonel et lui faire plein de petites filles.

Avouons que ce pitch est savoureux. L’inversement de repères, les femmes qui gouvernent les hommes, c’est truculent. Sauf que passées les 10 premières minutes, ça se répète, ça s’enfonce. Vincent Lacoste nous refait son personnage de faux innocent et devra penser à faire évoluer son jeu dans ses prochains films. Je m’attendais à rire pendant au moins 50% des blagues, mais le côté film amateur et 2 clous/3 planches/un coup de peinture m’a vite lassé. Surtout que les répliques sont assez plates et que le scénario manque cruellement de rythme. Le chevallin, les couillats, ça va 3 secondes…

SPOILER

Sauf que le film contient au moins une scène vraiment surprenante, la toute dernière, quand le peuple s’apprête à brûler ses idoles après la découverte du sexe de la colonel. C’est une scène gonflée mais lourde de sens. Voir que Charlotte G a des couillats, c’est truculent mais surtout intelligent. Ça montre bien qu’une populace endoctrinée et abrutie par les vicissitudes du quotidien manquera toujours de jugeote. C’est philosophiquement éblouissant, telle une bouteille à la mer dans un océan d’encre…