a vu "Ilo Ilo" (3/5). La Caméra d'Or du dernier Festival de Cannes est un film singapourien qui s'inscrit sans mal dans la longue liste des films asiatiques ultra réalistes. Le réalisateur suit le quotidien banal d'une famille locale qui a embauché une jeune philippine, Teresa, comme aide domestique. Dans un contexte où la crise financière de 1997 fait rage, avec le jeune Jiale comme tyran de la maison, la tranquille monotonie de la famille bascule lentement.

Tout l'art du cinéma asiatique est de parvenir à endormir le spectateur via une caméra immobile, des plans lambdas, des scènes de la vie quotidienne, pour petit à petit insérer des petites touches moins superficielles. Un accident de vélo, un rouge à lèvre apposé furtivement, une démonstration commerciale qui tourne au cauchemar, le long fleuve tranquille de l'existence se transforme en torrent sans avoir crié gare. 

Le petit Jiale se transforme ainsi en allié de Teresa après l'avoir initialement martyrisé. Celle-ci prend ses marques, non sans mal, découvrant les chausse-trappes et petites solutions permettant de survivre en milieu inconnu. Le monde initial se transforme sous nos yeux, inexorablement modifié par des petites touches de couleur, apposées avec retenue, et qui donnent à cette historiette une ampleur insoupçonnée. Long et vain pour certains, ce film ravira les amateurs de développement psychologique tout en retenue et subtilité.

Écrire commentaire

Commentaires : 0