A vu « Ida » (4/5). Film polonais aride situé dans les sixties et encensé par la critique. A juste titre tant l’image est sublime et le récit envoutant. Loin des canons formatés du Blockbuster moderne, « Ida » se meut sur des sentiers plus intimistes et sensibles. Une langueur monotone empreint ce voyage initiatique sur les sentiers familiaux et la quête d’identité. Et le film se clôt sur un air de Bach, que demande le peuple ?

Anna, orpheline recueillie par un couvent, doit prononcer ses vœux. Mais la mère supérieure insiste pour qu’Anna renoue avec sa tante auparavant. Le voyage vers le passé peut débuter, plein de surprises et de remises en cause.

Qualifier ce film de ravissement est assez proche de la vérité. La quête est pénible, difficile, aride. L’important tient dans l’évolution des personnages plutôt que dans la quête elle-même, finalement assez prévisible. La jeune Anna, en découvrant son histoire familiale trouble et son ascendance judaïque, ne semble pas s’émouvoir. En apparence. Mais le déroulement de l’investigation laisse penser que sa vocation sacerdotale connaitra des péripéties. Et une nécessaire réflexion, que rien ne semblait laisser présager. 

Le personnage de la tante, punchy et rentre dedans, est le versant obscur et terrien de ce duo familial. Intégrée à la société communiste des sixties, mais vide de sens et de perspectives personnelles, son implication dans la recherche de sa nièce entrouvre une porte mais ferme toutes les autres. Une fois la quête finie, elle se retrouvera seule avec elle-même, c’est-à-dire rien ou presque.

Cette jeune novice, promise aux ordres et virginale comme une bouteille de lait, émeut et fascine. Ce film pudique et puissant repose en grande partie sur ses frêles épaules. Qui se révèleront finalement pas si frêles que cela et bien plus résolues qu’on ne pouvait l’imaginer.