recommande chaudement "Hippocrate" (4/5), film à la limite d'un documentaire doux amer, avec de grands moments d'émotion, des questionnements qui tapent là où ça fait mal et des acteurs très justes. Vincent Lacoste trimballe sa carcasse d'ado mal dégrossi dans les couloirs d'un service d'hôpital, avec tout le poids du monde sur ses épaules et le regards apeuré d'un jeune adulte confronté à la vie avec un grand V.

Les 1h42 font alterner les moments d'humour touchant et les drames d'un quotidien exigeant en prise sur soi. Plus d'humour aurait trahi la vocation d'un réalisateur lui-même généraliste et moins de débat aurait trahi la situation actuelle des hôpitaux français. Où se situe la vérité, certainement quelque part entre les scènes de joie et d'abattement, il faut l'avoir vécu pour en juger, je ne concluerai donc pas.

Le film est chargé en émotion, questionnant constamment la condition d'être humain, le rapport à la souffrance d'autrui, l'instinct de survie en milieu hostile, les différences sociales ou d'origine. Résumer le film ne permettra que de suivre un fil scénaristique qui s'efface souvent devant une mise en situation crue et ultra réaliste. Et là où les acteurs font fort, c'est qu'on oublie assez vite le caractère fictionnel de la mise en scène. Le Vincent Lacoste souvent léger interprète avec brio le diplômé frais émoulu des bancs de la fac, confronté à des situations bien plus compliquées qu'un exercice d'anatomie. 

Mention plus que spéciale à Reda Kateb et Jacques Gamblin qui interprètent avec force les caractères opposés de médecins qui composent la mixité d'une engeance disparate. On ne sort pas indemne d'un récit qui doit certainement toucher au vrai, quelque part entre le dépit et l'espoir. Reste la malédiction de la condition de médecin, qui même abattu repart sans cesse au combat. Les poilus des temps modernes, il faut croire...

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