a finalement choisi de voir "Gone girl" (2/5). Une femme disparait, son mari est soupçonné de l'avoir supprimée par une opinion publique habilement manipulée par les médias. Finscher privilégie une esthétique épurée, un style sans artifices et les tourments psychologiques à une action finalement minimaliste. Les rebondissements s'enchainent et distillent une angoisse omniprésente, non sans le renfort d'une musique frissonnante à souhait. Hitchcock n'est pas loin: héroïne blonde, intrigue à tiroirs, frayeurs à profusion. Les surprises sont au rendez-vous. Simplement, je me suis souvent senti devant un épisode de ... "8 à la maison". Et là, la subjectivité opère à fond car ma collaboratrice donne 3,5/5 à un film jugé prenant, rempli de suspense, bien construit, bien joué, à l'histoire originale, avec une psychologie de personnages pleine de rebondissements. Oui mais parfois ça ne me convainc pas vraiment, surtout comparé aux attentes toujours trop fortes.

Dans une banlieue du Missouri, une femme disparait. Son mari s'inquiète, prévient la police, fait face à la tragique situation. Cependant, les soupçons de la police font écho à ceux de la population. Nick Dunne n'aurait-il pas fait disparaitre son épouse le jour de leurs 5 ans de mariage en maquillant son forfait? 

Le risque de situer son histoire dans un environnement banlieusard américain est de faire écho aux images d'Epinal habituelles. La grande maison, la belle voiture, les voisins, tout cela sent le déjà vu. Je ne doute pas que telle était l'intention de Finscher: créer une dichotomie entre l'inconscient collectif et une histoire tarabiscotée, afin de générer l'angoisse et de mettre en abîme la société américaine: l'omniprésence et omnipotence des médias, la versatilité de l'opinion publique, la solitude de l'homme moderne. 

Finscher use et abuse du gros trait, renvoyant à une caricature qui fait sourire. Les rires nombreux de l'audience ne s'adressent pas à des scènes ouvertement drolatiques mais à des situations tellement ambiguës qu'elles mettent mal à l'aise. A ce jeu, Ben Affleck n'est pas le dernier et son attitude entretient le doute. Sourire au mauvais moment, poser maladroitement pour un selfie, ne pas jouer le jeu de l'affliction face aux médias et ces derniers vous le feront payer. Les règles établies ne sont pas les siennes, il faut s'y plier ou en subir les conséquences.

Habile satire de la modernité sous couvert de thriller, "Gone girl" n'en oublie pas les ficelles hitchcockiennes habituelles. Un retournement n'est jamais autant inattendu que lorsqu'il éclôt à contre-temps de l'intrigue. Je ne spoilerai pas, mais attendez-vous à des surprises.

Alors pourquoi suis-je si dubitatif? Finscher est pour moi le réalisateur des effets visuels inédits, de l'adéquation parfaite entre forme et fond, du rythme et de l'esbroufe. Le sentiment de passer le film devant un Sitcom, même bien fichu, m'a laissé un gout de diversion mal assumée. Finscher reviendra à ce qu'il sait faire le mieux et je ne doute pas que ce film restera une étape mineure dans sa filmographie. Le ramdam orchestré autour du film sent la coalition bien entendue, un peu comme un groupe de Rock qui tente une pause avant de sortir son grand oeuvre.

Mais c'est subjectif, je n'ai pas été touché par ce jeu de dupes, j'aurais préféré sortir de la salle complètement extatique. Mais non...

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