a vu deux films d'auteur inégaux: le très dommageable "Gloria" (2/5) et le très surprenant "Le village de carton" (3,5/5).

- "Gloria" raconte les turpitudes d'une bientôt sexagénaire jeune dans sa tête qui se trémousse sur la piste de danse le soir venu et tombe amoureuse d'un véritable sexagénaire.
Coups de coeur, coups de gueule, Gloria monopolise l'écran, navigue entre spleen et euphorie. On la voit à poil, faire l'amour, fumer des joints, en toute décontraction. Pas une once de pudeur, de réflexion ou d'analyse. Juste de l'exposition insipide et brutale. Même Catherine Deneuve, habituée à ce genre de rôle gratuit et fallacieux ne pousse pas le vice jusqu'à nous faire participer à ses parties de jambe en l'air. Sous couvert d'authenticité, on navigue entre vulgarité et vide absolu. La scène de fin est révélatrice. Gloria va sur la piste de danse, ferme les yeux, se laisse aller, elle est heureuse, elle est libre... et puis? Bah rien, à prendre ou à fuir... comment partager ce moment d'intense émotion (?) quand on se sent mis à distance, voire voyeur, témoin de l'existence de cette femme mûre et inintéressante? Le cinéma chilien a fait mieux...

- "Le village de carton" est un film autrement plaisant et puissant. Un prêtre subit la désacralisation de son église, guère plus fréquentée par le peu de croyants qui subsistent. Un groupe d'immigrés en profite pour s'y cacher. Difficile évocation de la traque d'être humains par des policiers instrumentalisés. L'humanisme passe à la trappe, l'homme est un loup pour l'homme. Seule lumière, le reste d'humanité contenu dans les personnages du prêtre (joué par un Michael Lonsdale toujours impeccable) et de quelques clandestins au bon sens réconfortant. Le film est lent, prenant, tel un thriller sans gagnant. La sensibilité est patente, l'injustice criante. A noter l'apparition de Rutger Hauer, bien trop absent des écrans.