Ginger & Rosa

1962. Une histoire atypique d'amitié, à l'orée des swinging sixties, prémice des changements qu'une nouvelle génération née pendant la WWII imposera à une société figée dans le souvenir de la guerre. Ginger (Elle Fanning) et Rosa (Christina Hendricks) sont deux adolescentes éprises de liberté et d'insouciance. Scotchées l'une à l'autre, elles vont pourtant afficher leurs différences et vivre des évènements qui vont marquer de leur empreinte leurs vies et leur amitié. Jolie histoire sur le passage à l'âge adulte, avec la découverte des écueils et des idéaux propres à chacune.

 

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Très belle affiche tout d'abord, qui montre bien que les deux copines regardent dans des directions opposées. La guerre froide des années 60, avec la crise de Cuba, l'imminence d'une 3e guerre mondiale, la crainte contingente d'une extinction de la race humaine, marquent profondément la rousse, poète et éprise d'introspection, motivée en cela par un père fantasque et iconoclaste. Plus évanescente que Rosa, l'influence de sa turbulente sœur siamoise la poussera dans la découverte d'elle-même et de ses idéaux. Ginger représente la conscience, aussi bien politique que religieuse. Rosa sera le lâcher prise, le "chien fou", éprise de liberté, mais inconsciente des conséquences liées à une quête sans fin d'absolu.

 

Le tableau d'une époque que les moins de 20 ans ne soupçonnent guère est charmant et touchant. La frivolité des débuts laisse vite place aux implications politiques ou amoureuses, rejetant très loin les gamineries de l'adolescence. Ginger et Rosa personnifient avant l'heure l'idéal hippie et l'idéal punk. Les rêves de société idéale et de No Future apparaissent en filigrane de personnalités très tôt agrégées l'une à l'autre bien que si différentes à l'épreuve de la vie.

 

L'atmosphère délicatement surannée appelle à l'empathie pour des personnages, adolescentes ou adultes, tous très humains et dont les erreurs feront apprendre qu'un idéal n'est pas une manière de vivre... mais juste un idéal.

 

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Note: 2.5, un film sensible et touchant, parfois un peu creux et par trop vaporeux, mais qui ouvre une fenêtre magique sur une époque où les rêves surpassaient les craintes de l'avenir.

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