a vu "Gemma Bovery" (1,5/5) et ne s'en est pas remis. La bande annonce laissait augurer du meilleur avec un marivaudage sympathique, un Luchini égal à lui même et une Normandie éternelle en toile de fond. Sauf que le film vire rapidement au spectacle pour vieux libidineux à coup de scènes faciles et presque malsaines. D'ailleurs la salle était remplie de seniors qui avaient l'air de bien s'amuser... perturbant...

Martin Joubert a quitté la vie parisienne pour reprendre la boulangerie familiale en Normandie. A priori heureux, on sent chez lui un ennui persistant. Jusqu'à l'arrivée d'une voisine à la plastique aguicheuse au prénom rappelant l'héroïne de Flaubert. Le petit monde de Martin bascule.

Luchini ne fait pas dans la surprise. Il a trouvé son personnage et s'y tient, ce qui ravit les foules et n'est pas désagréable. Il parle lentement, avec gourmandise, il distille les mots avec délectation, plongé dans une exstase littéraire communicative. C'est un style, qu'il utilise de films en films. Il fait aussi très bien le Dropy, le mec mal à l'aise, avec l'air larmoyant du chien battu. Il passe d'un style à l'autre, c'est déjà vu 10 fois mais on en redemande.

SAUF QUE les mises en situation sont au degré zéro de l'originalité. Un exemple? Luchini écrit une lettre et la caméra s'amuse à suivre son regard vers la poitrine de sa voisine debout à côté de lui. Une fois c'est OK, 20 fois c'est trop. Noircir le trait de manière si grossière, c'est la preuve d'un manque d'imagination voire de talent. Je vise évidemment Anne Fontaine, qui se complait dans la facilité en profitant de la belle plante au générique. Le public a adoré, s'amusant goulument de voir Gemma livrée en pâture... 

Au final, le film n'est même pas si drôle que ça, avec ses longues plages de silence où Dropy sombre en lui même. Si on ne peut même pas rire, l'ennui pointe car le film ne décolle vraiment jamais. Je vais arrêter mon mauvais esprit et vous laisser juger... après une belle série de films de fou (Boyhood, Sils Maria, Winter Sleep, Hippocrate), le retour sur terre est rude...

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