a revu "Gatsby le magnifique". 2 séances en 2 jours à 2 places d'écart dans le même cinéma. Ma fidèle assistante a succombé aux charmes neo-rétro-dyonisiaques du drame romantico-tragique absolu de Fitzgerald revisité par Baz. Revisitée mais pas dévoyée, la matière première littéraire conserve à l'écran son magnétisme et sa séduction, son génie et sa magie. Les strass et paillettes des party's, la volonté farouche du héros et la poudre aux yeux qu'il ne cesse de déverser rejettent longtemps l'inéluctabilité du dénouement final. L'innocence et la profondeur des sentiments ne renverseront pas la hiérarchie sociale et la puissance de l'hérédité.

Pas de Gatsby sans incarnation démoniaque d'une certaine idée de la classe et de la fascination d'un sourire angélique. Pas une attraction animale à la Ryan Gosling, plutôt une attirante bienveillance à la Leo. Amaigri, mature et au charme confiant, Leo personnifie dés le premier sourire le héros renversant et mystérieux de F. Scott. Baz multiplie les mises en scènes multiples aux tons variés, de l'humour, de la statue grecque intangible, du nerveux, Leo n'est plus Jack ou Roméo, sa jeunesse intemporelle laisse place à un héros basané par la vie et l'ascension sociale. Un héros avec une histoire, enjolivée et mystérieuse. Hors du temps, il atteint la légende.

Les personnages de l'ouvrage prennent vie face à la caméra. Une Daisy évanescente et vaporeuse, un Tom Buchanan antipathique et victorieux, un Nick spectateur et narrateur, des personnages secondaires transparents comme des spectres, les liens de l'amour et de l'affection sont des mirages temporaires et solubles dans l'argent. Un monde d'apparence qui ne s'acquiert que dans le total self control et sans erreur. Toute faute est éliminatoire et l'élégance des chemises vaut plus que l'élégance de l'âme.

Une histoire d'amour tragique et intemporelle, baignée de Jazz et judicieusement rythmée par des beats actuels. Hypnotique, réussie, éclatante. Les années 20 prennent vie, avec un saupoudrage pertinent de 21e siècle dans une histoire antédiluvienne qui, sans cela, aurait semblé révolue Antidatée, elle se retrouve parmi nous à sa place aujourd'hui comme elle le fut hier. 

Et pour finir cette dernière phrase, la dernière du livre et du film, marque du génie de son auteur: So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past.

Note: 4,5/5, toujours.

 

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