a vu "Fanny". Le 2e épisode de la trilogie marseillaise rentre dans la tragédie après que le décor ait été planté dans "Marius". Le fils de César parti au large, la jeune Fanny n'a plus que ses yeux pour pleurer. Destinée à devenir une fille mère sans avenir et blacklistée, elle rêve à son Marius. Mais Panisse revient à la charge et sa demande en mariage change la donne. Cette actualisation du classique marseillais avec l'assent garde le souffle tragique de ses débuts. Et com...blera les fans d'histoire triste.

--

Fanny et Marius devaient se marier, se sont offerts l'un à l'autre. Mais Marius n'a pu résister à l'appel des océans et a embarqué sur "La Malaisie". César et Honorine s'apprêtent à préparer les noces, mais ne reste plus que la jeune Fanny épleurée. Abandonnée, elle apprend en sus sa grossesse. Le malheur s'ajoute au désespoir. Mais Panisse insiste pour l'épouser malgré tout. Ne suffira plus que le retour de Marius pour noircir un tableau déjà bien morose.

--

Un peu comme pour "Marius", les doutes s'abattaient sur cette adaptation d'un classique du cinéma français. Pagnol, Raimu, c'est une montagne que s'apprêtait à gravir Daniel Auteuil. Mais là où le noir et blanc et des personnages d'autrefois pouvaient rebuter la jeune génération, les personnages revisités prennent aux tripes et convainquent haut la main. Le scénario et les dialogues resteront irrésistibles pour toujours, et adapter un classique 80 ans après l'original a plus de sens que moins de 10 ans après (cf le ridicule du Amazing Spidermachin fleurant bon l'attrappe saligaud).

Le premier épisode plantait le décor. Le bar de la marine, les amourettes de Marius et Fanny. Le second brode une tragédie marseillaise. L'abandon, la difficile question du choix, les espoirs de rédemption, "Fanny" monte d'un niveau la qualité du travail d'Auteuil. Là encore, les acteurs y sont pour beaucoup (admirable Darroussin, indestructible Auteuil, toujours un peu redondante Fanny) et le film se tient tout du long. Peu de torpeur, beaucoup de suspens.

En plein coeur de l'été, cette adaptation casse gueule remplit son contrat. Pas de ridicule, peu de caricature, un vrai esprit conservé, et cette magie du Sud qui suinte à chaque plan. Auteuil fait un sans-faute, on attend son "César" avec impatience pour 2014.

--

Note: 3/5. Beau second volet, tragique au possible.

Écrire commentaire

Commentaires : 0