a vu "Elysium" (3,5/5).

Le grand retour de Neill Blomkamp après un "District 9" bien haut dans le panthéon de la SF des 20 dernières années. Budget supérieur, donc stars bankable à l'affiche (Matt Damon, Jodie Foster) et toujours la patte de l'artiste (cet accent Afrikaner si cher au réalisateur, ce dédale de difficultés insurmontables que doit franchir le héros) et ce charme si intellectuel au final. OK, la fin très hollywoodienne gache un peu ce qui aurait pu être un digne successeur de "Soleil vert", mais ne boudons pas notre plaisir. Le film est bon, rythmé, solide. Un très bon moment de SF intelligente avec juste ce qu'il faut d'effets spéciaux.

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La terre est transformée en gigantesque bidonville. Une population exangue survit dans des conditions dignes de la banlieue de Caracas. Seuls les très riches se sont exfiltrés sur un satellite artificiel dénommé "Elysium". Thématique très rabattue ces derniers temps, la confrontation masse pauvre/élite riche n'en finit pas de remuer l'intellect des scénaristes. Après les anciens "Blade Runner", "Les fils de l'homme" et "Le 5e élément", les plus récents "Minority Report", "V pour Vendetta" et "Hunger Game", et en attendant "Snowpiercer" sur le même thème, l'oppression des masses est un sujet qui rebondit de plus en plus. La multiplication des films sur le sujet serait-il un signe? Qui sait...

Tout comme dans "Soleil vert", grand chef d'oeuvre à revoir pour ceux qui ne le connaissent pas, la surpopulation et la paupérisation afférente semblent être un écueil à méditer. Ici, le jeune Max (joué par un Matt Damon en grande forme) cherche à se soigner, mais seul un accès - impossible - à Elysium pourrait le sauver d'une irradiation mortelle. Pourchassé, il doit à un exosquelette salutaire de se tirer de nombreux mauvais pas. Face à lui, un tueur impitoyable, une Jodie Foster à cheval sur ses certitudes et un statut de non-citoyen d'Elysium qui l'empêche d'accéder à des soins indispensables.

Quelques violons de ci de là, des bastons parfois assez trash, des écueils nombreux et semble-t-il insurmontables, mais rien ne l'empêchera d'accéder à son but. C'est limite cul-cul, mais soyons beau joueur, la réflexion sous-jacente sauve le film d'un enterrement prématuré. Parce que c'est Neill, parce que un scénariste pas si mauvais, et puis c'est rythmé. Alors d'accord, les fans d'explosion seront peut-être déçus, les fans de Kubrick tourneront le dos, mais c'est un cross-over intelligent et distingué à mi-chemin entre le film intellectuel et le blockbuster.

Note: 3,5/5, les 2 heures passent très bien, y a de la charpie et de l'injustice. Et au final... c'est à voir.

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