El Clan (2/5) s'inspire d'une histoire vraie extrêmement connue en Argentine. L’affaire Puccio se résume à 4 enlèvements sanglants entre 1982 et 1985 avec exécution des otages malgré le paiement des rançons. Le père de famille Arquimedes Puccio menait la petite affaire avec la complicité de sa famille entière... Son fils Alejandro est devenu rugbyman pour l'équipe nationale et n'a jamais réussi à échapper aux griffes de son machiavélique paternel.
 
Les liens avec la dictature militaire compliquent l'affaire, surtout après son renversement en 1983. Et comme le père était introduit dans les services secrets et faisait vivre sa famille dans un train de vie confortable, son fonctionnement est difficile à cerner. Les proches sont soit partie prenante des enlèvements, soit ils ferment les yeux. L'aveuglement est fascinant, comme si les raisons du père étaient inconsciemment approuvées par tous. Cette scène où des cris s'échappent de la cave sans que personne ne réagisse est assez glaçante...
 
Le film se concentre sur Arquimedes, ce sombre personnage aux yeux bleus impassibles et au fonctionnement binaire. La famille avant tout, absence de pitié, négation de l'humanité des victimes... un fonctionnement de dictateur nazi. Le film est un peu retors et répétitif, manquant cruellement de rythme pour faire vivre cette histoire tragique. Difficile de provoquer de l'empathie quand les personnages restent fermés comme pour se protéger de toute faiblesse. On ne verra jamais ce fils banni car échappé en Nouvelle-Zélande, le seul innocent de l'affaire.
 
Reste cette chanson phare du film, ce Sunny Afternoon qui débute et clôture le film. La voix trainante de Ray Davies va très bien à cette histoire rocambolesque. Chanson nostalgique d'un dimanche après-midi au soleil, sans soucis ni problèmes... en totale contradiction avec cette famille juchée au bord du précipice.
 
Reste cette scène de fin où le fils croit pouvoir enfin se libérer du père... mais non, raté encore une fois.