a vu "Django unchained".

Fan de Tarantino depuis "Reservoir Dogs", pour ainsi dire depuis toujours, je navigue irrémédiablement entre grandes satisfactions et énormes déceptions. Sortir de la séance passablement déconfit, j'en ai eu ma part, et si mes attentes n'étaient pas si importantes, Tarantino ne serait pas Tarantino.

Pour débuter, chapeau bas aux techniciens à l'origine de la bande annonce, best-of des répliques cultes d'un film qui n'en manque pas et qui bénéficie d'acteurs à leur top. Christopher Waltz creuse le sillon du Hans Landa d'Inglorious Bastards sans lasser (encore). Dandy charmeur et démoniaque, il hypnotiserait un serpent. Léonardo Dicaprio convainc dans un rare rôle d'ordure esclavagiste sans scrupules. Il se monte une carrière d'acteur qui fera sans doute tout autant date qu'un Brad Pitt ou un George Clooney (encore un effort pour rattraper Joaquin Phoenix). 

Mais, parce qu'il y a un mais, le film qui débute sur les chapeaux de roue et ensorcèle une heure durant vire subitement à la caricature, lorsque Tarantino décide de faire du Tarantino des familles, sans se renouveler, et avec des ficelles grosses comme des lances à incendie. La finesse du début se transforme imperceptiblement en série Z.

Voilà, aucune envie de revisionner encore et encore ce Tarantino, signe ostentatoire de semi-ratage. A voir, pour les qualités indéniables de certains moments truculents (à savoir, et bizarrement, les moments les plus bavards, menés de main de maitre, tambour battant), mais rien à en attendre de culte.

Quant aux polémiques sur l'usage répétitif du mot "Nigger" ou la violence du film, hey, c'est pas du Woody Allen, dude, c'est un Tarantino. Au moins, là dessus, même s'il en fait des litres (de sang) et des tonnes (de réparties qui tuent), il ne désarçonnera pas et n'épatera que les ahuris qui n'ont jamais vu Pulp Fiction ou Kill Bill (I)..