Ce film italien de Daniele Vicari est un brûlot sanglant et sans concession revenant sur la répression policière brutale de la fin du G8 de 2011 à Gênes. En pénétrant dans une école où logeaient une cinquantaine d'alter mondialistes venus pour manifester, les carabinieri ont lâché les chevaux et ratonné gaillardement tout être humain tombant sous leurs matraques. Scènes à la limite du supportable tant le réalisme va de pair avec l'insoutenable frénésie de coups de la part de policiers déchainés. 

 

Le film débute sur le rôle contradictoire des Black blocs, ces groupes anarchistes ultra violents qui dénoncent le capitalisme en s'en prenant à ses symboles (banques, magasins...) et en livrant bataille avec une police dénoncée comme une arme de répression massive. Devant les caméras du monde entier, la police ne réplique pas, jugule prudemment la violence, mais accumule une frustration qui se libérera brusquement sur des jeunes gens dénoncés à tort comme anarchistes dans l'école Diaz. 

 

Les motivations des black blocs semblent peu claires, mais leur fuite à l'orée de l'intrusion policière souligne leur grande jugeote. Fuir plutôt que de plier sous les coups de matraque, subir le mépris de leurs camarades non violents mais ne pas endurer les souffrances atroces de ces derniers, victimes collatérales de ce que les Black blocs auront usé la patience et les nerfs d'une police à bout.

 

40 minutes de violences ininterrompues, dont des ratonnades dans les couloirs de la prison, rappelant les images de "Hunger" où des militants de l'IRA sont livrés à l'ire de policiers britanniques avides de défoulement. Ici, ce sont des jeunes gens, de 18 ou 20 ans, livrés à une vindicte policière dénuée d'humanité, et pour tout dire à deux doigts d'être comparée à du fascisme pur et simple. Tant et si bien que les commentaires à la fin du film, soulignant que le film a été scénarisé sur la foi de procès-verbaux réalisés suite aux évènements, ne permettent plus de douter sur la véracité des faits.

 

Film insupportable, où la bonne volonté se brise sur les coups de butoir d'un pouvoir aveugle, diabolisé à l'excès pour son manque de retenue quand il s'agit de conserver ses prérogatives. Ici pas de zombies dévorant de la cervelle, pas de Freddy Kruger éventrant de pauvres victimes, juste de longues minutes de coups, encore et encore, répétés ad nauseam... je n'ai que rarement vu autant de violence à l'écran. Nécessaire... un rappel blessant de la triste réalité.

 

Note: 4/5, des acteurs justes et une histoire triste à en pleurer. Un film à passer en place publique...

Commentaires : 0