a vu "Maps to the stars" (1/5) et "Deux jours, une nuit" (3/5). Cannes offre un large panel d'émotions, pour le plus grand bonheur des cinéphiles. De la déception la plus crasse à la surprise la plus émouvante. J'attendais beaucoup de Cronenberg et pas grand choses des Dardenne, les dieux du cinéma m'ont puni.

- Maps to the Stars est le plantage de la semaine. Annoncé comme une critique vitriolée d'Hollywood, ce navet ne propose qu'un tableau putride de personnages névrosés et inconsistants. Même la grande Julianne Moore se perd dans ce labyrinthe de scènes équivoques et mal scénarisées.

Je vais faire mon rabat joie, mais j'ai perdu 2 heures de ma vie devant ce film. D'autres réalisateurs anciens ont gardé un semblant de gnak pour insuffler une dose de vie à leurs long métrages. David Cronenberg n'offre qu'une suite de tableaux avec des personnages perdus, cyniques, méchants, névrotiques. Ca sent le relevé de parc-mètres, c'est beaucoup trop voyant.

Oui à la névrose, mais avec une vraie histoire. ici, ni Mia, ni John ni Julianne ni Robert ne s'en sortent. Naufrage collectif, bateau coulé.

- Deux jours une nuit commence mal. Voir une multimillionnaire égérie Dior jouer une prolo qui se bat pour sa survie... peut-être est-ce parce qu'on parle de la Marion, mais ça débute difficilement. Mais comme elle a quand même du talent, cet a priori mesquin passe vite à la trappe pour laisser place à une émotion forte, crue et sincère.

Je n'ai pas vu un seul film des frères Dardenne mais je vois où ils veulent en venir et où se situe l'éventuelle limite à leur système. En privilégiant la dureté infamante d'une vie sans espoir, on pourrait les taxer de boboïsation sociétale complaisante. Or, si on regarde bien, ils livrent une romance dure et honnête de ce qu'est le quotidien de petites gens. Sans pitié ni recul. Un tableau aride d'une vie limitée.

Et ça m'a touché, sincèrement. La quête de la survie, la déprime ambiante voire la dépression carabinée, la fragilité du fil de la vie, tout cela ressort sans emphase mais avec justesse. Et c'est beau. Je n'irais pas jusqu'à donner la palme à Marion mais quand même. Ce bain de jouvence dans un cinéma sans concession n'est pas sans intérêt. Je vote pour.

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