Projection presse de fou avec ce Desierto flippant à souhait (5/5). Jonas Cuaron se contente du minimum pour distiller une atmosphère anxiogene comme je n'en ai que rarement vu d'aussi prenante. Pas d'artifices ou d'effets spéciaux. Un désert, des immigrés pris en chasse à la frontière US/Mexique, un fusil, un chien...

De longs plans hypnotiques alternent avec les courses effrénées à travers les cailloux. Le soleil, les serpents, les parois à pic qui donnent le vertige, le réalisateur utilise sa caméra à la perfection dans une mise en scène toxique en diable.

La métaphore est aisée entre ce redneck US et l'attitude actuelle des pays riches face aux hordes de migrants qui déferlent pour trouver des conditions de vie normales, sans guerre ni pauvreté. Il est content de lui, fier d'abattre un à un les intrus. C'est tellement crispant...

Tant à dire sur ce film puissant. J'ai failli me sentir mal à plusieurs instants... quant aux acteurs, Gaël Garcia Bernal et Jeffrey Dean Morgan se livrent à un mano a mano qui fera date. Contrairement au Duel de Spielberg, le visage du chasseur ne reste pas dans l'ombre. Autre époque, autre moeurs, l'impunité est maintenant de mise... Quel film!