Décrit comme la comédie surprise de ce début d'année, Dear White People m'a laissé avant tout circonspect. Pour plusieurs raisons.

 

Le film met en avant la liberté d'expression comme droit sacré des Etats-Unis. Résultat, les noirs critiquent les blancs (à voir l'émission radio où une chroniqueuse noire énervée ne mâche pas ses mots), les blancs font des soirées grimmés en noir (avec musique rap, poses outrancières et caricaturales dignes du 50 Cent de la grande époque, masques d'Obama et perruques rasta), les noirs ambitieux sont confrontés à des barrières (posées par des blancs, évidemment). Le film décrit la règle des résidences universitaires réservées aux noirs, des couples mixtes se forment (indice d'une évolution des moeurs et des mentalités?). Un jeune apprenti journaliste veut écrire dans un canard étudiant tenu par des blancs et dont il s'éprend du rédac-chef. Tout cela est mélangé, les caricatures s'enchainent les unes aux autres. J'ai eu du mal à m'y retrouver et à définir une ligne éditoriale de la part du réalisateur Julien Simiens.

 

Le film a-t-il vocation à être polémique? Certainement, avec une bonne dose d'humour et de dérision. Un parti pris évident se dessine. L'opposition noirs/blancs semble avoir une longue vie devant elle et la ségrégation est maintenant partagée. Des territoires et des pré carrés sont institués.L


a party est un prétexte bien maladroit. Des blancs qui se maquillent en noir ? C’est si horrible que ça ? En quoi ? Ils écoutent des chansons vulgaires où les mecs sont des Pimp et les femmes des bitch ? Ils caricaturent les aspects les plus caricaturaux d’une culture, so what ? J’y vois une satire mêlée de reconnaissance. La culture noire est partout, elle contient pourtant des aspects que l’on peut tourner en dérision, so what ? De la dérision, c’est dangereux car on peut la taxer de racisme. Mais là, je n’en vois pas. Juste de l’ostracisme et de l’incompréhension mutuelle, ce qui est finalement assez courant.

 

Le film est une comédie mêlée de considérations sociales sauf qu'il prend parti de manière assez violente. J'y vois au pire la continuation d'une réalité qui dure depuis des siècles. Mais ça ne m'a pas fait vraiment rire. Parce que c'est beaucoup trop caricatural et contradictoire.