Film du mois de mai: euh... le mois de mai est généralement marqué par l'avalanche de films présentés au festival de Cannes. On peut certes moquer le grand barnum people et hollywoodien qu'en font les médias, mais force est de constater que nombre de films de qualités émergent de la sélection, invariablement, tendrement, tragiquement. Cannes, c'est comme Disney, Ibiza et Beethoven mixés ensemble, ...ça en jette grave des patates. Et cette année, pour ne citer que les plus mémorables, ça a donné "De rouille et d'os" (qui aurait 100 fois mérité la palme), "Moonrise Kingdom" (pour les fans de Wes Anderson... et les grands enfants que certains ont su rester) et "Sur la route" (pour les fans du livre, véritable ode à la liberté que je ne me lasse pas de me remémorer). 3 pépites, qui montrent par l'exemple qu'un cinéma grand public peut être de (très) grande qualité et d'exigence, et que les moyens n'apportent pas obligatoirement la fadeur et la guimauve (mais je n'ai rien contre une bonne poudreuse d'effets spéciaux, juste que parfois le plus ne peut que le moins, c'est triste). Du cinéma exaltant, du cinéma extrémiste, du cinéma courageux, ces trois films enflamment les sens. Le premier est du cinéma brut de décoffrage. Pas de chichis et les effets spéciaux (impressionnante Marion sans ses jambes, effet plus que spécial) ne servent que le propos et ne s'y substituent pas. Un film sur l'espoir et les coups que l'on reçoit, que l'on donne, et surtout que l'on retient. Le second est à l'inverse hyper écrit, grandiloquent, kitchissime, tout Wes est là à travers cette galerie de personnages impossibles et caricaturaux. Le troisième ouvre la porte aux idéaux des 50's (cf critique récente de Howl) mais l'on sent bien que le réalisateur, tout comme l'auteur, prend bien soin de ne pas se laisse s'engouffrer trop de latitude et d'excès. Une liberté surveillée, un Kerouac avant tout spectateur vampire suçant la vie et les idées de ses comparses, mais les grands artistes ne sont-ils pas ceux qui ont su capter l'essence de leur temps, se faire siens la sève de leurs contemporains et finalement incarner à eux seuls une époque? 
Bref, 3 projets, 3 visions, tous différents, et cette diversité ragaillardit l'âme et réchauffe le coeur. Le cinéma est multiple, et l'infinité de ses sources semble pouvoir étancher nos soifs d'univers parallèles pour toujours!