A vu « Dallas Buyers Club » (4.5/5). Mathew McConaughey offre un veritable One Man Show. Malgré une réalisation manquant parfois de peps, il FAUT absolument se déplacer le voir jouer le cowboy texan, misogyne, homophobe, péquenaud fini, junkie, alcoolique, antipathique que la maladie bêtement contractée va éveiller aux vrais enjeux de l’existence. Belle évocation de la faillite capitaliste d’un système de santé vendu aux financiers et aux laboratoires gardiens de la médication. Voir un sac d’os amaigri de 20 kilos luttant pour un accès aux soins équitable fait froid dans le dos et penser à toutes ses vies fauchées trop tôt par la faute d’un système corrompu ne peut que faire se rapprocher les années 80 aux temps actuels. Les mêmes règles sont en place, à quand les lendemains qui chantent?

Ron Woodroof est un épicurien des années 80. Seul le présent compte à ses yeux avec tout ce que cela comporte : nanas, drogues, rodéos, alcool, amitié virile. Sa contamination par le virus HIV lors d’une partie de jambes en l’air le dévaste tout autant que le peu de moyens employés par le système de santé US pour soigner les milliers de malades. Il décide d’employer les grands moyens afin de prolonger les vies cabossées des oubliés du système.

Quelle claque que cette grande performance d’acteur ! Déjà, j’applaudis ces forçats qui souffrent dans leur chair pour un rôle. A l’instar d’un Christian Bale dans « The Machinist » ou « The Fighter, McC apparait émacié, vide de sa viande, livide. Ce qui colle bien à ce personnage affuté comme une lame de couteau, au caractère trempé comme un sabre de samouraï. Extraverti comme un go go dancer dans une gay pride, Ron met tout autant de cœur à d’abord châtier verbalement les homosexuels qu’à tenter de les conforter par la suite. La prise de conscience de l’infamie nationale agit sur lui comme un boomerang.

Et que dire des performances de Jared Leto et Jennifer Garner, impeccables dans leurs rôles. Mention spéciale au personnage de Ranyon, joué par un Jared totalement métamorphosé, fan de Marc Bolan ce qui donne droit à des passages de « Life is strange » chantés par ce magnifique chanteur glam. A noter également l’apparition sonore de « Follow me » par Amanda Lear tandis que Ron visite un bar gay. 

Bref, grand moment cinématographique de ce début d’année. Ne reste plus qu’à espérer l’Oscar pour McC et Jared Leto.