a vu "Computer Chess" (2/5) d'Andrew Bujalski en avant-première au Club Lincoln, sortie le 9 avril 2014. Initiateur du mouvement "Mumblecore" originaire de New York et caractérisé par un style "fauché" et donc direct et sans chichis, Andrew livre ici son 4e opus. Intéressant, précurseur (?) d'un retour à la source, même si le scénario n'est pas la partie la plus forte de cette expérimentation...

Des ingénieurs issus d'universités prestigieuses se retrouvent pour un tournoi d'échecs entre leurs programmes respectifs. Nous sommes au début des années 80, la couleur a été inventée depuis longtemps mais le Noir et Blanc métaphorise l'état de relatif dénuement et d'euphorie des jeunes gens.

Mouvement encore confidentiel, le Mumblecore privilégie des sujets basés sur les relations entre jeunes de vingt à trente ans, avec des dialogues pour la plupart improvisés et des acteurs non professionnels. Ce qui donne un bordel parois assez euphorisant, même si son côté foutraque nuit à l'attention du spectateur. L'intention est patente, l'ambition visible, nous verrons bien où cela nous mènera, la "nouvelle vague" est pas loin, un chouia de construction ne pourra pas nuire.

L'histoire est ici relativement annexe. Les relations entre geeks et ingénieurs aux prémisses d'une évolution majeure de l'informatique grand public fascinent mais lassent. Les références s'accumulent (War Games, 2001 l'odyssée de l'espace), la peur d'une 3e guerre mondiale est dans tous les esprits, l'avenir semble un continent vierge à défricher au plus vite.

La foi dans l'avenir ne semble guère plus d'actualité, les coupes de cheveux des étudiants non plus. La mise à distance, accentuée par un noir et blanc arty, est totale et nos héros semblent tout droits sortis d'une époque révolue. 
Les pistes se multiplient, les apartés deviennent la règle. Difficile de résumer un scénario qui part en sucettes au bout de 20 minutes. L'indépendance de la machine face à l'homme, l'incommunicabilité, le sournoiserie, tous ces thèmes sont effleurés mais pas creusés.

Peut-être y aura-til une suite pour savoir ce que sont devenus tous ces personnages après l'avènement d'Internet et l'éclosion d'une bulle Internet propre à ravir tous ces geeks asociaux et passionnés.