a vu "Coldwater" (2,5/5). Sans le savoir, Vincent Grashaw dresse un portrait accablant d'une société malade et dépressive, loin des idéaux perdus de bonheur pour tous. Quand des ados deviennent adultes trop vite, les parents sont désemparés et doivent s'en remettre aux méthodes d'un ex-marines pour remettre leurs rejetons dans le droit chemin. La boucle est bouclée, les valeurs militaires d'ordre et de discipline font leur grand retour chez l'Oncle Sam. Mais la ligne entre éducation et répression est ténue, les excès sont inévitables.

Le jeune P.J. Boudousqué (vrai nom ou blague? C'est pas un vrai nom!?!), véritable sosie de Ryan Gosling avec 10 ans de moins, est Brad, ado au destin trouble que sa mère envoie à Coldwater, camp de redressement pour mineurs que des gardes bodybuildés dressent pour obéir à leur parents. Mais Brad est bien trop intelligent pour accepter de se faire brimer sans avoir un plan derrière la tête...

Constat troublant que ce film à la réalisation proche d'un sitcom US mais au propos moins angélique qu'un épisode de Berverly Hills. Des adolescents désorientés par une société sans véritables règles sont envoyés par des parents perdus dans un camp de redressement pour les racheter de leur échec éducatif. Des gardes violents les attendent pour les martyriser avec la bénédiction parentale. Brimades, sanctions, rythme de vie exténuant, rien n'est épargné aux jeunes délinquants pour leur faire comprendre que la société n'attend qu'une chose: une obéissance totale et complète.

Le film étant techniquement simpliste et scénaristiquement bancal, ne reste plus que la philosophie pour lui trouver un intérêt certain. Le jeune Brad est un Machiavel en puissance qui a bien retenu la leçon de Don Corleone: garder les ennemis très près de lui. Une fois la confiance du chef acquise, il peut tourner la situation à son avantage. L'homme est un loup pour l'homme, le plus fort n'est pas forcément celui que l'on croit. Maxime cynique délivrée par ce film, les rapports de force sont partout, personne n'y échappera.

La bande-annonce laissait transpercer un rythme d'enfer et des scènes ultra-violentes. Le rythme se rapproche plus d'une série B, les scènes ultra-violentes abondent dans tous les coins. Les coeurs sensibles s'abstiendront, le film n'est pas un conte de fée. Alors pourquoi un sentiment final mitigé? Parce que le film préfère les regards fixes aux déclarations acérées, les longueurs à la synthèse. Avant les 20 minutes finales, l'endormissement guette. Soulignons tout de même les flashbacks savamment distillés pour éclairer le parcours du jeune Brad, apportant de l'intérêt à un déroulement monotone. Un tel film réalisé par David Finsher, je dis Wouah, ce serait une perle cinématographique. Plus intéressante que cet exposé, scolaire même si loin d'être vide!

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