a vu « Cold in July » en avant première presse (3/5). CIJ s’annonce comme un thriller phare de la fin d’année 2014. L’adaptation du roman « Juillet de sang » par Joe R. Lansdale multiplie les intrigues, passant de l’honnête thriller des familles au cauchemar glauque le plus noir. Mené par un casting très télégénique et plutôt convaincant, le long métrage se laisse très bien regarder sans atteindre les sommets de films phares comme « Le silence des agneaux » ou « Paperboy ». La réalisation pêche un peu mais heureusement le scénario intrigue. Les fans de frisson seront rassasiés, le pitch initial n’est qu’une partie infime de ce que propose le film.

Richard Dane voit sa vie basculer le jour où il abat malencontrueusement un cambrioleur infiltré de nuit dans sa maison. Passablement retourné par ce meurtre classé rapidement « Légitime défense » par la police, il cherche à découvrir qui était le malheureux quidam. Ses recherches le poussent à découvrir la véritable identité du défunt… très différente de celle défendue par la police. Richard s’interroge, pourquoi maquiller l’identité d’un malfaiteur ?

Sur un rythme d’abord pépère, un drame se joue devant nos yeux. Quelque part au Texas, en 1989, un homme normal tue un cambrioleur. Sans préméditation, sans volonté délibérée de donner la mort. Appuyer sur la gâchette n’est pas si simple lorsque l’on n’y est pas préparé. Bouleversé, Richard Dane doit bientôt faire face au père du défunt. Interprété par Michael C. Hall, l’ombre de Dexter plane sur le personnage de Richard. Un Dexter à la mode années 1980, avec coupe de cheveu Mullet et petite moustache. Look rural, daté, qui en dit long sur la normalité du personnage. Absorbé par son travail de cadreur et sa petite famille, Richard est un personnage lambda absolu, sans relief ni caractère. Cette absence de caractère pèse d’ailleurs sur le film car avec un personnage principal transparent, difficile d’obtenir l’adhésion complète du spectateur.

Difficile de ne pas spoiler le film car l’intrigue principale laisse rapidement place à 2 ou 3 autres intrigues connexes. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est pour souligner la profondeur insoupçonnée du scénario. Les vieux briscards Sam Sheppard et Don Johnson interprètent des personnages autrement plus complexes et leur apport au film est inestimable. Non pas que Michael C. Hall ne sache pas se fondre dans des habits d’antihéros, mais son apport seul peinerait à donner une profondeur suffisante au film. Histoire de mafia, de snuff movie, de vengeance, le film multiplie les casquettes, déterre de nouvelles pistes, en enterre (un peu rapidement) d’autres… l’adaptation est bien menée et donne envie de lire le livre. La langueur texane et la multiplication des rednecks bas de plafond achèvent de créer une ambiance qui n’est pas sans rappeler (de loin en loin) d’autres toiles récentes.

L’accent texan de Don Johnson m’a rappelé celui de Matthew McConaughey dans l’excellent « Dallas Buyers Club ». Air de mâcher continuellement son chewing gum, bon sens terrien, économie de paroles, le texan moderne est taiseux et besogneux. Ce « Cold in July » en donne un bon exemple, n’oubliant pas les cas sociaux obligatoires, produits de siècles de consanguinité nauséabonde.

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