a vu "Blue Ruin" (3/5). Un homme en perdition depuis 10 ans se ressaisit à l'annonce de la sortie de prison du meurtrier de sa famille. Il décide de lui faire la peau dans un esprit de vengeance assumée. Mais la famille du tueur ne veut pas en rester là, et le cercle des représailles lui échappe. Jeremy Saulnier vise la radicalité, transformant un homme ordinaire en justicier intrépide, au regard de chien battu mais à la grinta revigorante. 

La bande annonce m'avait complètement chamboulé. Le parcours atypique d'un clodo délabré qui se transforme en main du destin dans une radicalité totale, le pitch m'avait interloqué. Le redneck chevelu et barbu recèle une force intérieure enfouie qu'il révèle au grand jour. Sa volonté de fer abattra les obstacles, accouchant du fou furieux de manière aussi surprenante qu'inopinée. Avec face à lui une famille de ploucs à l'esprit étroit, il s'adapte à l'enjeu et fait face.

Ambiance d'abord taiseuse et trainante, qui s'accélère tandis que les ennemis se multiplient. Le héros foireux se refait une beauté pour protéger la famille proche restante et défendre les siens. Pitch minimaliste, scènes d'une crudité dépouillée, personnages tous plus antipathiques les uns que les autres, le massacre est la seule issue de protagonistes engoncés dans la loi du talion.

Macon Blair est un petit nouveau dans le monde du grand écran. Il est parait-il un personnage récurrent de New York Unité spéciale, série que je n'ai jamais jamais vue. Son physique de quidam ordinaire tranche férocement avec son comportement extrême. On ressent très bien la peur l'habiter avant chaque scène choc et le transcender pour ne pas faiblir. La maxime du film est quelque peu simpliste mais le traitement est électrique. Pas le film de l'année, mais une bonne tranche de cinéma efficace.

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