a vu "Berberian Sound Studio".

Pitch et avis: film britannique de Peter Strickland, un ingénieur du son est appelé en 1976 pour le mixage de la bande sonore d'un film d'horreur italien sordide quand son expérience se transforme en un épiso...de de la "4eme dimension". Scénario extrêmement aguichant mais traitement blafard sans profondeur ni ampleur.

Note: 2/5: pas beaucoup d'intérêt dans ce film avant tout plastique et esthétique, sans trame apparente ni scénario digne de ce nom. Dommage, l'ennui guette vite.

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Résumé: 1976, un ingénieur du son britannique, Gilderoy, naïf et introverti, est recruté par un réalisateur italien de films d'horreur pour le mixage de la bande sonore d'un film glauque et sordide. Habituellement spécialisé dans les documentaires bucoliques et touristiques, Gilderoy accumule malaise et vexations face à des interlocuteurs filous dont il ne comprend pas la langue et les coutumes. Le visionnage répété de scènes cruelles et l'enchainement d'actrices devant hurler à plein poumons des cris d'effroi créent une panique intérieure qu'il devra affronter pour survivre dans cet environnement hostile.

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Après enquête, il s'est trouvé qu'une seule salle à Paris passait ce film. Pas deux, ni trois. Le voir tenait donc de la gageure et de la plus haute motivation. Interpellé par le statut de "film du mois" dans Rock & Folk, mon billet a pris l'aspect d'un précieux sésame, tout privilégié que je me suis senti de gagner le droit de visionner ce qui s'apparentait à un film d'initié et de spécialiste quasi-vaudou.

Un personnage béat et sorti de son confort habituel - un studio maison niché dans un petit cabanon au cœur de la campagne anglaise où il mixe habituellement de petits documentaires gentillets - se retrouve parachuté au beau milieu de gravures de mode italiennes pour mixer le son d'un film d'horreur. Réclamant sans cesse le remboursement de son billet d'avion, en pure perte, obligé de visionner des scènes de torture sadiques, découpant sans relâche des pastèques et des choux-fleurs pour obtenir les sons de membres humains démembrés, notre pauvre Gilderoy perd peu à peu tout sens commun, sombrant dans un délire paranoïaque crescendo.

Dit comme ça, le pitch peut séduire. Sauf que l'enchainement d'images de bobines tournant sans fin, de touches de consoles seventies pressées sans relâche, de regards médusés d'un Gilderoy tétanisé, lassent à la longue. Au bout de 30 minutes exactement. Le tout est sans conteste véritablement esthétique et on imagine sans peine un réalisateur extatique prenant un plaisir infini à filmer du pur non sense.

Mais sans empathie pour ce Monsieur Hulot en torpeur continuelle, sans comique de situation et francs rires concomitants, sans trame ni suspense, le spectateur peut trouver le temps long... dont acte. Et c'est bien dommage, on aurait bien aimé rire ou souffrir avec ce personnage pathétique.

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Bien dommage de ne rien ressentir à la vue d'un film au potentiel énorme de grand n'importe quoi. L'impression d'avoir été un privilégié subsiste, mais tout en comprenant pourquoi ce film ne passe que dans une seule salle...