L'adaptation du chef-d'oeuvre d'Albert Cohen, accueillie fraichement par la critique (1,7/5 sur Allocine), est l'histoire d'amour passionnée et douloureuse entre Solal des Solals et Ariane Deume. Quelques raccourcis scénaristiques et autres choix de mise en scène douteux pourraient gâcher définitivement le film mais... la petite musique des 1100 pages de l'ouvrage se fait entendre de ci de là... et le frisson n'est pas loin.

Pure nostalgie pour un...moment de lecture fascinant? Peut être, mais la note de 2,5/5 se justifie pour ce morceau de bravoure, peu de réalisateurs s'étant risqué à l'adaptation d'un roman réputé inadaptable. Manquent peut être l'émotion et l'effusion de sentiments, mais voir en images les souvenirs d'une lecture inoubliable fait tellement plaisir...

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Solal est un très jeune notable de la Société des Nations, tandis que les premiers risques de conflits européens se font entendre aux premières heures de 1936. Ariane Deume est une femme effacée et évanescente sur qui se pose le regard de Solal, les condamnant à un amour tragique à l'issue fatale.

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Premier commentaire sur le choix des acteurs. Jonathan Rhys Meyers est un choix contestable de Solal, et Natalia Vodianova manque de variété d'expressions pour prétendre au statut d'actrice. Mais tous d'eux font la paire. Le premier attire les regards aussi fatalement et sûrement que le personnage du roman, et la seconde revêt une ingénuité aussi naturelle que la belle Ariane. Choix d'acteurs a priori contestable mais rapidement légitimé (nonobstant l'accent russe de Natalia et le physique très hollywoodien de Jonathan).

Les choix scénaristiques du réalisateur Glenio Bonder se concentrent sur l'union tragique de deux créatures carnivores et irréconciliables. Le mépris congénital du premier pour ses semblables et la hauteur de vue hautaine de la seconde font des étincelles et mènent le couple dans les torrents tumultueux de la passion destructrice. Inséparables, irrémédiablement toxiques l'un pour l'autre, mais soudés comme une épine de rose à une peau fraichement traversée.

La musique incessante des débuts du film accompagne l'allure triomphante du séducteur et sa conquête de la belle diaphane. Elle se fait plus discrète à mesure que le couple s'enfonce dans l'addiction mutuelle. J'ai retrouvé ainsi mes souvenirs de lecture, mes sentiments confus, mais sans le tumulte de la fascination personnelle. Film périlleux à moitié réussi, car sans réelle empathie pour des personnages bigger than life et sans l'art de l'écrivain pour faire partager leur déchirement.

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Note: 2,5/5, oser l'adaptation de ce monument littéraire est une gageure en soi qui mérite un respect infini. Résultat mitigé, mais qui fait entrevoir à la multitude la profondeur abyssale de ce roman éternel.

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