Bang Gang (2,5/5) pose un regard acéré sur une adolescence à l'accès internet libre et à l'intense soif de découverte. Une classe de lycée se réunit chez un élève pour se livrer à des jeux sexuels sans tabous. Immaturité ou hédonisme outrancier dans un pur présent? Difficile de cerner les intentions de la réalisatrice Eva Husson...

 

George et Laetitia sont deux adolescentes dans une ville de la côte atlantique. George veut séduire Alex, jeune homme détaché et inconséquent. Quand elle lance l'idée de jeux de groupe assez délurés, les jeunes gens y prennent gout, s'y livrant avec allant et sans penser aux conséquences...

 

Le gang de jeunes se livre à des orgies consentantes, en toute décontraction. Les images de jeunes corps nus s'accumulent, rappelant les opus libérés de Larry Clark. Kids, Ken Park, The smell of us, Bully, ces films définissent une adolescence décomplexée, bien loin de l'innocence rêvée par des parents peu conscients des possibilités qui leur sont offertes. Un internet libre avec accès illimité à tous les films du monde, ça ouvre des perspectives insoupçonnées...

 

Sans viser à l'universalité, le film souligne l'absence de barrières quand les parents ne peuvent plus rien surveiller. Bang Gang serait-il un film sur la fin du rêve? Du rêve des parents, pas des ados... Le film relate incessamment ces nouvelles d'accidents de train égrenées par la radio. Le monde n'intéresse pas cette tranche d'age plus portée sur l'immédiateté. Et pourquoi se priver quand un élève prête sa maison pour recevoir ses amis?

 

Les scènes très dénudées et extrêmement explicites placent le film à la limite. Est-il possible de soutenir un propos sociologique quand les démonstrations s'enchainent sans vergogne? Pourtant la nausée monte immanquablement quand les rapports abolissent l'individu et le transforment en hochet ou réceptacle. Surtout que "c'est fini, on ne meurt plus du sida", la légende fait son chemin et ne pousse pas à la prudence. Mais il y a tellement d'autres MST...

 

Les jeunes acteurs livrent des prestations radicales. Certainement avec des vrais ages au dessus des 18 ans, ils jouent l'impudeur corps et âmes. Et le bémol s'impose. Le film est franchement au delà d'un simple érotisme. Et si la fin du film révèle les vraies préoccupations de ces jeunes livrés à eux mêmes, il est trop tard... Film complètement dispensable, qui fait hésiter entre voyeurisme et objectivité. Pas un film que je conseillerais à mes amis...