a vu "Au-delà des collines".

Nouvel épisode des "Incontournables UGC" et nouvelle occasion de rattraper son retard sur les films manqués de 2012. Attention, film roumain long, lent, introspectif, avec une affiche semblant montrer la Vierge Marie accordant sa compassion à une brebis égarée, et c'est tout ça à la fois, et bien plus.

Alina revient d'Allemagne, convaincue de pouvoir ramener Voichita, avec qui elle a passé de nombreuses années d'orphelinat. Cette dernière a cependant décidé d'embrasser une vie dans les ordres au sein d'une communauté de nonnes et si elle accepte de tout coeur d'aider son amie fragile et à fleur de peau, rien ne semble pouvoir la détourner de Dieu. Des sentiments enfouis affleurent indiciblement et mèneront les amies à une impasse tragique.

Cinéaste palme d'or avec "4 mois, 3 semaines, 2 jours", Cristian Mungiu détient cet art diabolique du scénario pervers où les sentiments s'entrechoquent même lorsqu'il filme des poules ou un prêtre traversant une cour. Aucune parole (et aucune silence) ni aucun plan ne sont inutiles, et ces longs plans séquence brillamment orchestrés révèlent tant la qualité des dialogues, que des acteurs et de la mise en scène. Le drame qui se noue entre deux amies qui ont chacune évolué dans une optique de vie à soi fait hérisser les cheveux tant il semble évitable, si il n'y avait le poids du silence. 

Film peut être lent, mais d'une force incroyable qui ne peut pas, ne doit pas laisser indifférent, et illustre parfaitement cette lapalissade éculée et pourtant tragiquement vraie "l'enfer est pavé de bonnes intentions".