a vu "Après mai".

Quasi autobiographie filmée de ce qu'ont été les espoirs nés de mai 68, aux accents de révolution permanente, et de ce qu'ils sont devenus, très vite, juste après.

A travers le parcours personnel du jeune héros sont entrevues les volontés farouches d'insurrection prolétarienne, face au bloc de béton de la réalité et du devoir de devenir de chacun. Le début du film a des accents Rock'n'Roll puissants et les actions sont éparses, multiples, le changement c'est maintenant. Et petit à petit viennent les mouvements organisés à travers des tentatives résolues, mais la saveur est perdue, et avec elle la motivation. Sans la folie des débuts, le Rock'n'Roll devient introspectif et les trips ne se font plus dans de grandes fêtes bruyantes, mais dans des concerts aseptisés. "Après mai" fait plaisir à voir, on se prend à rêver avec ces héros anonymes et charmants. Mais Olivier Assayas corrige lucidement la vision que l'on peut se faire aujourd'hui d'une époque. Oui, sa génération s'est pris à rêver, mais l'âge adulte a très vite repris ses droits, et avec lui se sont enfuis les rêves de la jeunesse.

Restent les idéaux, grandioses.