a vu Anna Karénine. Nouvelle adaptation du classique du grand Léon Tolstoï (le même que "Guerre et Paix", histoire de situer le personnage), la question me taraudait non stop avant la séance: Keira Knightley réussirait-elle l'exploit de faire oublier l'interprétation magistrale de Sophie Marceau (hum)? Trêve de sarcasmes, l'écrin offert à une Keira magnétique propose une première heure et demi rie...n de moins qu'ébouriffante. Mise en scène virevoltante, chorégraphies si minutieusement exécutées qu'on croirait à une comédie musicale, et cette idée géniale de placer les personnages sur une scène de théâtre filmée, illustrant parfaitement le théâtre de la vie avec ses conventions et ses hypocrisies de classe. "Une mise en abîme du théâtre", comme le soulignait si élégamment ma charmante assistante. Le résultat approche la perfection et la magnificence de ce qui faisait le charme d'un "Autant en emporte le vent" ou de tout autre film en costume de cette classe. Pour ce qui est de l'autre heure et demie, l'intérêt est hélas un tantinet moindre, le rythme s'essouffle et le dénouement se fait attendre, nonobstant la fin tragique de cette héroïne prise au piège de passions trop éblouissantes, en dissonance avec ce qu'une société à la fois figée et pourtant secrètement libertaire se peut permettre d'accepter sur la place publique. 
Une once du "Barbier de Sibérie" pour la féerie virevoltante et l'atmosphère très Grand empire russe, une pincée de Broadway pour les chorégraphies magiques et envoutantes, impossible de passer à côté d'un spectacle si total (au moins pour les premiers 50%, mais peut-on décemment tenir le rythme sur la durée totale du film? Je dirais que non, alors courez-y vite).