a vu "Ai Weiwei: Never sorry", documentaire américain sur l'artiste contestataire chinois Ai Weiwei, intéressant, éclairant, passionnant, note: 3/5.

Initié l'année dernière à la faveur d'une exposition au Musée du Jeu de paume à Paris, je m'intéresse depuis au travail et à l'oeuvre de cet artiste inclassable. Rompu à l'usage des nouveaux médias, il use de la photo, d'Internet et du cinéma pour informer et alerter sur la situation en Chine. Pour moi, Ai Weiwei est avant tout un performer né, qui se met en scène, donne de sa personne et privilégie le réel à l'imaginaire. Sans langue de bois ni faux semblant. Engagé, radical, il ne recule devant rien pour exprimer ses opinions, quitte à marcher sur des plates bandes. 

Pour preuve, cette scène où il répond à un journaliste quant à son jeune fils, né hors mariage. Les quelques rires dans la salle et le contenu inquisiteur des questions ne le mettent pas plus mal à l'aise que des questions sur sa contestation du régime chinois ou sa propension légendaire à choquer le plus souvent possible. Gratuit? Simpliste? Sur une si longue période, à savoir près de 30 ans, sans dévier de sa ligne de pensée (révéler au plus grand nombre l'ignominie, l'hypocrisie et la bêtise). Et comme il manie l'humour sans discontinuer et sans lasser (cf. sa version récente du "Gangnam Style" à voir sur Youtube), il met lui même en abîme son propre rôle et sa propre importance.

Suivi par la réalisatrice dans une quasi enquête, enrichie de documents véridiques ou de témoignages, Ai Weiwei apparait tel qu'en lui-même. Et c'est passionnant. Peut-être qu'un Ai Weiwei français nous ferait le plus grand bien dans ce paysage triste et normé...