"A very Englishman". Une mise en scène truculente autour de la vie de Paul Raymond, sorte de Hugh Hefner britannique matiné de Larry Flint, première fortune du royaume en 1992 (oui, plus qu'Elizabeth II et David Beckham). Steve Coogan cabotine comme à l'habitude dans ce rôle fantasque et romantique jouant un businessman à qui tout réussit mais condamné à une solitude contrainte, la faute à un destin taquin. Note: 2,5/5, évocation tour à tour drolatique, tragique ou pitoyable, réussie mais quelque peu scénarisée à l'excès. Manque de spontanéité, on attend venir les coups de théâtre avec leurs grands sabots.

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1958, la carrière de Paul Raymond commence sur les chapeaux de roue. Ce jeune liverpuldien sans le sou monte un business faramineux autour de jeunes filles dénudées offertes à l'appétit esthétique de riches notables. Sa vie, son oeuvre, ses amours, ses excès, sa fille, sa solitude.

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Biographie très attendue, ce film remplit son contrat mais laisse un tant soit peu sur la faim. La vie riche et remplie de cet épicurien de l'existence n'est que drames et terres brulées. Maintes fois marié, jamais assagi, il s'aliénera ses proches à force d'excès, de cocaïne et d'orgies.

Steve Coogan donne vie à ce personnage picaresque en ne ménageant pas ses effets. Petites phrases très british, second degré assassin, moralité irréprochable mais à sens unique. Ne pouvant pas se comporter comme une personne normale ("it's only for normal people)", il grillera ses cartouches les unes après les autres, sacrifiant tour à tour famille et fille aimée.

Cette relation quasi incestueuse entre Mister Raymond et sa fille Deborah tant chérie sert de fil rouge à ce qui pourrait devenir une évocation de lupanar sans ampleur. La laissant s'auto-détruire à l'exemple de son père, il ne voit pas ce reflet dans le miroir. L'avertissement ne portera ses fruits, il en sortira meurtri, accumuler ne sert à rien quand ne subsiste au bout que solitude et trop plein. A profiter seul, il se perdra, Minotaure esseulé dans son labyrinthe de femmes dénudées.

Alternant subtilement légèreté et gravité, le film captive et séduit, mais reste à la fin cette impression de "tout ça pour ça", l'histoire même attirante ne laisse qu'un gout de brèche dans l'espace temps, sans lendemain vraiment intéressant. Que la fortune ne fasse pas le bonheur, maintes histoires l'ont déjà raconté. Celle là s'inscrira dans le mouvement, ni moins bonne ni plus palpitante qu'une autre.

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Note: 2,5/5, un photomaton ravageur d'une certaine époque londonienne, faite de strass et d'argent facile, de déconvenues et de lumières fanées dans les stroboscopes de la nuit.

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