a vu "A Most violent year" (3/5). Au milieu d'une violence urbaine à son paroxysme, un entrepreneur se bat pour survivre dans un business gangrené par la corruption et les pratiques douteuses. Abel Morales se défend avec ses armes, une constante probité et une force de caractère irréprochable. Pitch tentant, bande annonce punchy, résultat édulcoré et manquant cruellement de passion. Le réalisateur J.C. Chandor privilégie l'épure et oublie la flamme. Son traitement reste partiel. Un film qui ne pourra pas rester dans les annales malgré les qualités de sa réalisation.

1981, New York. Abel Morales régit une entreprise de livraison de fioul mais subit des rapts réguliers de camions, perdant des sommes folles. Tandis qu'il acquiert un terrain dans des conditions financières à haut risque, il doit finir de rembourser le prêt sans un sou. Situation périlleuse, qui peut le mettre sur la paille. 

Titre contradictoire, qui appelle péripéties et résolutions de conflit à la hache. Mais ici point de hache et de violence crue. Abel Morales reste dans les clous, respecte la loi, refuse le yang et se tient à une incorruptibilité totale. Oscar Isaac se clone en Michael Corleone, taille comparable, brushing approchant, regard de braise, attitude proche du roc impétrant, même total manque de fantaisie. Son business et sa famille sont les piliers de son existence, la complicité avec son épouse est totale, son inflexibilité se nourrit de la stabilité d'une existence sobre.

L'impression d'être devant Le Parrain 2 reste réduite tant le réalisateur ne nourrit pas son récit de fulgurances et d'explosions d'émotion. Oscar Isaac ne se départ jamais de la même expression résolue, dans le doute ou dans le triomphe. C'est son épouse jouée par Djessica Chastéïn (ahah) qui apporte ce supplément d'âme qui rapproche Morales d'une humanité souvent contenue. C'est elle qui tient la compta, qui supporte son mari et lui apportera la solution finale... même transversale.

Le film surprend par son choix de ne pas inclure beaucoup de violence crue (vu le titre). Les méchants ne sont pas vraiment méchants, deux guets apens finissent en course poursuite sans vrai affrontement direct. Le parti pris est surprenant. L'année 1981 a beau être la plus violente du siècle à New York, les rapports ne sont pas si tendus que ça. C'est presque ouaté. 

La réalisation est impeccable, l'ambiance hivernale est baignée dans un clair obscur permanent, qui fait ressortir une tension sous jacente et indique qu'il n'y aura pas de débordements ou de fêtes enflammées. Rien de vraiment excitant. Rien de vraiment marquant. Une suprise finale a fait se réveiller la salle mais rien qui permette de faire passer ce film dans l'éternité. Le film manque cruellement d'allant, de détours dans les bois, de surprise, d'excitation. Annoncé à grand renfort de publicité avec l'espoir d'un moment détonnant, le film peine à convaincre. Bien réalisé mais creux.

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