a vu "A la merveille", nouveau film aérien de Terrence Malick, attention chef d'oeuvre à voir au cinéma absolument, note: 5/5 oui j'ose.

Tout d'abord le message d'avertissement préalable. J'ai personnellement trouvé "Tree of life" insatisfaisant et gâché par des dinosaures sortis de nulle part. La quasi totalité des scènes jouées par des humaines était féérique, mais le film était au final raté. Je n'ai jamais rencontré de personnes ayant fondu d'admiration devant ce film pourtant si prometteur, je suis à votre disposition si une voix s'élève. J'attendais donc ce "In the Wonder" comme la pépite tant espérée, et je n'ai pas été déçu.

Deuxième warning, je pense personnellement que la frontière entre le chef d'oeuvre et le film long et gonflant est ténue. Avec un autre état d'esprit, une salle bien moins disciplinée, une voisine mâchant son pop corn, peut être aurais-je été plus suspicieux. Mais je l'avoue une fois de plus, je suis sous le charme.

Le résumé du film tient à peu de choses. Des amants qui ne se comprennent pas mais s'attirent irrémédiablement, des chassés-croisés et de lourds silences, une nature témoin de cette impossibilité pour lui à s'ouvrir et une propension à ne rechercher que le merveilleux pour elle sans possibilité de s'émerveiller trop longtemps. Au milieu de cela, un prêtre qui doute, et rappelle les grands principes de l'amour chrétien, fait de devoir et de partage, même en ne sachant plus s'il a encore la foi.

Un film qui est plus qu'un film. Pas de longues scènes, que des images sublimes mises bout à bout, créant un onirisme merveilleux. Je me suis émerveillé de tant de grâce et de beauté. Beauté plastique, beauté de la narration, beauté des actrices mises superbement en valeur par une mise en scène fragile et perfectionniste. J'ai suivi ces longues pérégrinations métaphysiques et philosophiques sans parvenir à reprendre mon souffle qu'à la toute fin. Hypnotisé que j'étais, séduit, impressionné.

Les parisiens reconnaitront l'odéon et son comptoir, les jardins du Luxembourg, les autres apercevront aussi le château de Versailles et le mont Saint-Michel. Les musiciens entendront la saison "Juin" de Tchaikovsky, les esthètes admireront le ciel, la lumière, les paysages, la nature. Les idéalistes se délecteront de cette narration philosophique et panthéiste, avec ces réflexions tout en justesse sur la place de chacun dans un couple et sur cette terre.

Je continuerai à me remémorer de nombreux scènes pendant longtemps. Malick atteint une perfection formelle en ne construisant pas un film. Il semble laisser tourner sa caméra jusqu'à saisir ces instants de grâce où l'actrice parvient à faire passer cette émotion juste et belle. A la fin, ça donne une merveille, avec des personnages qui veulent y croire, à cette merveille, mais humains, trop humains, il n'y parviennent pas. La vie semble fade une fois les moments merveilleux passés et ils ne s'en remettent pas. La finitude des choses les renvoie sur terre et leur coupent ces ailes qui pourraient ou devraient les faire voler.

Au final, reste cet onirisme merveilleux, ce sentiment d'avoir vu une pure merveille. Mais ma réflexion est en cours, j'y reviendrai certainement. A suivre.