a vu '71 (3/5). Plongée terrifiante au coeur du conflit irlandais. L'envahisseur grand briton veut garder sous sa coupe un pays à moitié hostile. Les protestants se rangent sous leur coupe tandis que les catholiques son dans le conflit armé. Cruelle évocation de la férocité des hommes montés les uns contre les autres. Tenu en haleine, le spectateur hésite entre tristesse et abattement, au coeur d'une violence sans fin.

Belfast est le champ de bataille et le jeune Gary Hook (l'excellent Jack O'Connell du non moins excellent "Les poings contre les murs") est un jeune soldat envoyé au coeur de la poudrière. Une émeute qui tourne mal le force à fuir et le voilà devenu une proie en plein coeur du territoire ennemi. Recherché par tous, il va découvrir qui sont les vrais innocents dans cette véritable guerre de religion.

Après un "Fury" sans oeillères, '71 joue une partition identique en multipliant les exécutions et les exemples d'antagonisme tribal. Ruelles jonchées de débris, carcasses de voitures calcinées, bus se consumant, Belfast porte les stigmates d'un conflit millénaire entre protestants, catholiques et anglais. La jeunesse s'exerce au lancer de briques, les jeunes adultes cachent des pistolets dans leurs vestes et les plus âgés décident de la stratégie contre les opposants. Rapprocher le Belfast de 1971 avec le Bagdad de 2014 se rapprocherait certainement de la vérité.

Le rythme alterne entre courses trépidantes et dérobades étouffées ne laissant pas le spectateur éviter de se poser des questions sur le destin du jeune troufion. Survivra-t-il à la chasse à l'homme ouverte? Physiquement au point mais à peine adulte, il peine à comprendre les tenants et aboutissants d'un conflit au-delà de toute logique. La loi de la survie est la seule qu'il pourra suivre et comprendre. 

Le conflit irlandais est raconté avec toute la crudité, la rage et la haine nécessaires pour comprendre qu'il n'y a aucun vainqueur dans un conflit. Comme le dit un protagoniste, une guerre, ce sont des crétins haut placés qui envoient des soldats crétins tuer des gens crétins. La loi du talion est la règle, les soldats tout juste majeurs tuent des irlandais tout juste majeurs qui leur rendent la pareille. Le film joue la carte d'un réalisme brut, usant de la caméra à l'épaule et d'un environnement urbain hostile. Impossible de ne pas se poser des questions sur cette fameuse nature humaine...

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