A vu « 12 years a slave » (4/5). Pensum horrifiant sur l’injustice faite calvaire quotidien, ce film donne envie d’envoyer une bombe atomique sur une humanité méprisable et sans chance de salut. Steve McQueen ne fait JAMAIS dans la demi-mesure, nouvelle preuve ici. Je suis sorti de la salle les larmes aux yeux, ulcéré par tant de cruauté innommable. Il m’a bien fallu « Lulu femme nue » juste après pour pouvoir m’en remettre.

Solomon Northup est un homme libre dans le Nord-Est des Etats-Unis au milieu du XIXe siècle. Mais l’esclavage persiste dans le Sud de ce pays pas encore libéré du fardeau de l’esclavage. Son honteux kidnapping lui fera vivre les 12 pires années de sa vie dans les champs de coton…

Histoire vraie relatée dans une autobiographie assez confidentielle, l’expérience malheureuse de Solomon sert de trame à ce film jamais caricatural et servi par une interprétation exemplaire. Paul Giamatti, Brad Pitt, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Paul Dano, c’est un best-of de ce qui se fait actuellement de mieux au cinéma. Et le quasi inconnu Chiwetel Ejiofor ne dépareille pas un seul instant. Son interprétation d’esclave acculé au malheur le plus profond mais déterminé à ne jamais perdre espoir est exemplaire. Face à lui des négriers racistes et sadiques semblent tout droit sortis de l'enfer de Dante. 

Quant à Steve McQueen, il a accédé au panthéon des cinéastes exigeants mais jamais pontifiants ni élitistes. Son œuvre est un exemple de ce que chacun devrait s’évertuer à faire sans cesse. L’exigence, la radicalité, la non-compromission. Quant à Fassbender, son rôle de négrier retors et sadique lui vaudrait bien un Oscar… rien de moins.

Ce film mérite tous les éloges clamés à son propos. Mais il est rude. Je ne le recommande pas aux âmes sensibles.